Prix immobiliers : l’été a tenu, Paris cale en septembre

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Les prix ont gagné 0,5 % au troisième trimestre selon SeLoger et Meilleurs Agents, portés par Lille, Bordeaux et les zones rurales. En Île-de-France, les notaires comptent 5 % de ventes en plus sur un an, avec des prix à plat. La capitale signe en septembre son premier recul de l’année.
 

Lille a pris 2,2 % en trois mois, Bordeaux 1,3 %. Paris, dans le même temps, a perdu 0,2 % sur le seul mois de septembre, son premier repli de l’année. Le baromètre SeLoger Meilleurs Agents publié le 1er octobre décrit un marché qui a mieux traversé l’été que prévu et qui aborde l’automne avec des crédits plus chers.
 

À l’échelle nationale, les prix sont stables en septembre et progressent de 0,5 % sur le troisième trimestre, contre 0 % un an plus tôt. Les dix plus grandes villes gagnent 0,3 % sur trois mois, les cinquante plus grandes 0,2 % et les zones rurales 0,6 %. Nantes recule, sans que le baromètre chiffre la baisse. Les auteurs jugent ce trimestre plus dynamique que le deuxième, alors que le calendrier était perturbé par le conflit au Moyen-Orient, le retour de l’inflation et la remontée des taux au printemps. Ils l’expliquent en partie par les politiques commerciales de certaines banques, qui ont maintenu des conditions de crédit favorables pendant l’été.
 

La campagne fait mieux que la ville. Les zones rurales affichent la plus forte progression du trimestre et gagnent encore 0,2 % en septembre, quand les dix et les cinquante plus grandes villes se contentent de 0,1 % sur le mois. Paris termine le trimestre en baisse de 0,2 %.
 

En Île-de-France, plus de ventes et des prix immobiles
 

Les Notaires du Grand Paris livrent une photographie un peu plus ancienne, arrêtée fin juillet. De mai à juillet, 36 810 logements anciens ont changé de mains dans la région, 5 % de plus qu’un an auparavant. Paris en totalise 8 260 (+4 %), la petite couronne 12 830 (+6 %) et la grande couronne 15 720 (+4 %).
 

Les prix n’ont pas suivi. Le mètre carré d’appartement s’établit à 9 550 euros à Paris, en baisse de 0,5 % sur un an, à 4 940 euros en petite couronne (-0,1 %) et à 3 210 euros en grande couronne (-0,6 %). Une maison francilienne se négocie 321 900 euros, 1,2 % de moins qu’un an plus tôt : 378 600 euros en petite couronne (-1 %), 297 900 euros en grande couronne (-1,4 %). D’après les avant-contrats, les notaires attendent un mètre carré parisien à 9 600 euros en octobre, toujours 0,5 % sous son niveau de l’an dernier, et des maisons en repli de 1 %.
Les deux sources ne mesurent pas la même chose. Meilleurs Agents travaille sur les prix les plus récents, les notaires sur des actes signés, donc sur des négociations conclues trois mois plus tôt. Les deux décrivent des prix qui bougent peu.
 

Des logements plus petits pour la même mensualité
 

Le communiqué des notaires contient un calcul qui éclaire cette retenue. À mensualité égale, un ménage qui pouvait acheter une maison de 100 mètres carrés en 2022 n’en obtient plus que 90 en septembre 2026. Pour un appartement, 65 mètres carrés sont devenus 57. Les acheteurs ont donc réduit la taille de ce qu’ils visent : les appartements de quatre pièces et plus représentaient 26,4 % des ventes en 2021, ils en pèsent 23,6 % au premier semestre 2026. La part des maisons de six pièces et plus est passée de 43 % à 39,8 %.
 

La suite dépend du crédit. La Banque centrale européenne a relevé ses taux de 0,25 point en septembre et le rendement de l’emprunt d’État français à dix ans évoluait autour de 4,6 % selon le baromètre, avant de dépasser 4,9 % en séance le 1er octobre. Pour un ménage qui peut consacrer 1 000 euros par mois à son prêt pendant vingt ans, la capacité d’emprunt passe d’environ 172 000 euros à 3,5 % à 165 000 euros à 4 %, soit près de 7 000 euros de moins.
 

Les courtiers confirment le durcissement. Pretto relève un taux moyen de 3,66 % sur vingt ans en octobre, soit 0,12 point de plus en un mois, et Cafpi attend entre 3,70 % et 4 % en fin d’année. La Banque de France a mesuré 11 milliards d’euros de nouveaux prêts à l’habitat en juillet, après 13,2 milliards en juin.
 

SeLoger et Meilleurs Agents ne prévoient pas pour autant une rechute comparable à celle de 2022 et 2023. Trois raisons sont avancées : les prix ont déjà corrigé depuis leur sommet, les revenus ont augmenté et les banques continuent de prêter. Fin juillet, le mètre carré parisien restait à 9 550 euros chez les notaires.